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Jan MIERNOWSKI, La beauté de la haine. Essais de misologie littéraire

Genève/ Paris, Droz, « Histoire des Idées et Critique Littéraire » 473 réf. 15-473

2014, 280 p., br. – 40.30 chf 36.97 € isbn 978-2-600-01763-3

Comment la haine peut-elle être belle ? C’est la question que pose ce livre, qui ne cherche pas à justifier moralement une telle passion, mais à comprendre la haine la plus extrême, la plus pure, celle qui n’a cure des raisons politiques, économiques et psychologiques, pour s’épanouir en ravages meurtriers. Afin de saisir cette haine autosuffisante et autotélique, Jan Miernowski propose de la regarder comme un principe esthétique qui affleure de façon intermittente, mais toujours, fort significative, entre la pré- et la postmodernité. La haine devient notamment le moteur de la création artistique dans la poésie antérotique de la Renaissance et dans les pamphlets les plus corrosifs des Guerres de religion ; elle s’impose face au tragique chez Corneille ou Racine ; elle joue le rôle de catalyseur de la conscience littéraire chez Rousseau, ou de moteur d’un sublime pervers chez Céline ; enfin, elle se présente comme objet d’art à part entière, heureusement pastiché et parodié par le roman qui nous est contemporain. En invoquant la haine qui a ravagé son pays, Wisława Szymborska avoue avec un sourire empreint d’ironie : « Inutile de se leurrer / elle sait aussi faire du beau… ». Prenons le poète au mot : oui, la haine sait, littéralement, faire du beau. Mais elle n’a, en cela, aucun mérite ; c’est plutôt la littérature qui détient des capacités inouïes à comprendre et à conjurer le monde.


Maison natale de
Pierre Corneille


Visites commentées :
Côté cour, côté jardin : la nature
dans l’oeuvre de Pierre Corneille.
(Un accompagnement sonore
sera proposé sur tablette)
Sam 20 : 10h, 11h, 14h, 15h,
16h, 17h
Dim 21 : 14h, 15h, 16h, 17h
(durée : 1h)
RDV : 4 rue de la Pie ROUEN
! Sur réservation : 02 76 08 80 88

 

Petit-Couronne

Maison des champs
Musée Pierre Corneille

Maison du XVIIe siècle
ayant appartenu à la famille
Corneille.
Visite libre et présentation
d’une vitrine sur les trésors du
musée.
Sam 20 et dim 21 : de 10h à
12h30 et de 14h à 18h
RDV : 502 rue Pierre
Corneill
e Petit-Couronne


Pierre Corneille
Théâtre
Tome I


Édition de Claire Carlin, Jean de Guardia, Liliane Picciola
et Marc Vuillermoz

Classiques Garnier, "Bibliothèque du théâtre français"
Sous la direction de Charles Mazouer


Ce volume réunit les cinq premières pièces de Corneille, quatre comédies
et une tragi-comédie, jouées entre 1629 et 1633. Retranscrites dans leur version originale, elles sont ici présentées et éclairées par leurs éditeurs dans le souci de révéler leur persistant dynamisme scénique et la vivacité de leur écriture.


This volume brings together the first five plays written by Corneille, four comedies
and one tragicomedy, performed between 1629 and 1633. Re-transcribed in their original versions, these plays are presented and illuminated by the editors in an effort to demonstrate both their persistent scenic dynamism, and the spark of their writing.

No 20, 974 p., 15 x 22 cm
Broché, ISBN 978-2-8124-2975-0, 49 €
Relié, ISBN 978-2-8124-2976-7, 82 €

 

Commande :
Classiques Garnier
6, rue de la Sorbonne
75005 Paris – France
contact@
classiques-garnier.com
Fax : + 33 1 46 33 28 90

 


La Querelle du Cid ou la naissance de la politique culturelle française au XVIIe siècle

Journée d’études à l’université de Paderborn,

25.-27. Mars 2015

 

La Querelle du Cid marque un tournant décisif dans l’histoire de la littérature française. Incitant la critique à prendre position par rapport au Cid de Corneille, elle contribue tout d’abord à la formulation des aspects centraux de la doctrine classique, et jouit ainsi d’une influence notable sur l’esthétique et les genres littéraires de cette époque. Si l’on se focalise sur la politique menée par le régime absolutiste à l’égard de la littérature, son importance est également considérable, puisque l’intervention de Richelieu et de l’Académie française dans la Querelle consacrent une mainmise systématique (quoique non exempte de tensions) de la politique sur la littérature. L’ « édition critique intégrale » des documents de la Querelle de Jean Civardi (publiée en 2004) offre une vue synoptique des discussions des contemporains de Corneille ainsi qu’un précis de la recherche actuelle sur le Cid. Ces deux axes se concentrent sur les paradigmes de la doctrine classique qui se forment dans le sillage de la Querelle du Cid : les trois unités, la vraisemblance et la bienséance.

            Néanmoins, l’étude de Civardi soulève des interrogations que la recherche n’a jusqu’aujourd’hui pas ou tout au plus que marginalement examinées, bien qu’elles soient constitutives aussi bien du Cid que de la Querelle. Citons par exemple la ‘place des femmes’, l’hétérogénéité des textes qui forment le corpus en question ou les implications sociales du Cid et de la Querelle du Cid. Partant des axes de recherche relevés dans l’édition de Civardi, la journée d’études organisée à l’université de Paderborn sera consacrée à la politique culturelle qui émane des questions discutées autour du Cid.

La réflexion se fonde sur l’idée que la politique culturelle qui se fait jour lors de la Querelle du Cid s’articule autour de questions d’un intérêt primordial pour les contemporains de Corneille, alors reprises, voire peut-être même déclenchées, et discutées par l’intermédiaire du Cid. Il résulte de cette constellation, telle est la thèse qui guide notre réflexion, une configuration intégrant à la fois les domaines de la politique de la famille, de la relation entre les sexes et de la politique littéraire, qui, à son tour, sert de base à des débats ultérieurs et prolonge de la sorte la politique culturelle amorcée par la Querelle du Cid. Dans cette optique, il est possible de replacer la césure marquée par la Querelle du Cid dans son contexte culturel et historique et peut-être même de voir dans les discussions d’ordre littéraire et culturel développées dans la Querelle le moment initiateur d’un ‘siècle des querelles’.

La politique de la famille, des sexes et de la littérature qui apparaît avec le Cid et la Querelle peut être esquissée de la manière suivante :

Le Cid de Corneille s’organise autour d’un conflit qui oppose une génération d’enfants à celle de ses pères, et qui remet en question leur qualité de modèle, voire même leur autorité (avec Don Gomès, Don Diègue et Don Fernand d’un côté et Rodrigue, Chimène et l’Infante de l’autre). Une analyse de cette confrontation et de ses répercussions dans la Querelle nous offre une idée de ce que les contemporains de Corneille entendaient par le concept de ‘famille’. Il s’agira alors d’examiner dans quelle mesure la crise d’autorité représentée par ce conflit de générations est à mettre en relation avec le changement profond que subit la famille française aux environs de 1630, et qui se définit non seulement par une restructuration de la maison, de l’ « oikos », mais aussi par l’émergence d’un nouveau modèle de famille.

L’analyse de ces paramètres familiaux engage à son tour une réflexion sur le genre de relation entre les sexes qui transparaît dans la Querelle du Cid. C’est tout particulièrement à la fin de la tragédie de Corneille que cette problématique se dessine, lorsque Chimène demande grâce au Roi afin qu’il repousse l’échéance de son mariage avec Rodrigue. Devant assumer à la fois le rôle de fille, de dame de la Cour, de femme et d’(ancienne) amante de Rodrigue, elle montre qu’elle ne peut que repousser et non pas résoudre cette situation dans laquelle elle est enchevêtrée. La violence des réactions des critiques face au comportement de Chimène et d’autres protagonistes, qu’ils n’hésitèrent pas à qualifier d’amoral et de contre-nature, indiquent que la relation entre les sexes, mais aussi la morale et l’identité sexuelle sont partie intégrante d’un processus de transformation de la société. Cette évolution a pour conséquence la recherche de nouvelles formes d’identité sexuelle, discutées dans la Querelle du Cid à l’exemple concret de la ‘femme’ (Chimène), du héros (Rodrigue) et du souverain (Don Fernand).

En focalisant la relation entre littérature et politique, on remarque que la Querelle du Cid réunit les domaines du public, du théâtre et de la poétologie. Cette constellation conduit à des questions concrètes touchant à la moralité qui, déjà débattues dans le Cid (à l’exemple du mariage ou de l’honneur), sont reprises et deviennent des points de discorde centraux de la Querelle. Dans cette perspective politico-littéraire, il faudra se demander si la Querelle du Cid est à mettre en rapport avec d’autres querelles, telle que la Querelle de la moralité du théâtre, ou, si l’on se penche sur des questions de transfert culturel, avec les discussions engagées dans la Querelle des Suppositi qui analysent l’importance des modèles italien et espagnol et jouent un rôle décisif dans la constitution d’un modèle culturel français.

Partant de là, les différents textes qui trouvent leur origine au sein de la Querelle se laissent systématiser avec plus de précision : outre les écrits rédigés à des fins poétiques et poétologiques, c’est-à-dire ceux axés sur les problèmes posés par la vraisemblance et la bienséance, ou, en d’autres termes, ceux qui s’intéressent à la relation entre moralité et genre, on trouve également des textes à caractère poiétologique. Ces derniers sont le résultat d’une pratique artistique guidée par la théorie, ainsi les drames de certains acteurs de la Querelle qui ne sont qu’une réaction productive aux critiques développées lors des débats. C’est par exemple le cas de Georges de Scudéry qui, en ajoutant à la critique explicite qu’il expose dans ses Observations sa tragédie Didon, un contre-modèle au Cid de Corneille, participe à la Querelle à un niveau à la fois poétologique et poiétologique. Il s’agira alors d’examiner dans quelle mesure la structure argumentative de la Querelle du Cid pourra avoir servi de base à des querelles postérieures, pour autant que celles-ci s’organisent autour des champs d’analyse introduits ci-dessus (pensons par exemple à la Querelle de l’Ecole des Femmes).

 

Modalités de soumission

Les propositions de communication, comportant un titre et un résumé d'une demi-page environ, devront être adressées au plus tard le 15 septembre 2014 à Jörn Steigerwald. Elles s’inscriront dans une réflexion sur l’influence exercée par la politique de la famille, des sexes et de la littérature du siècle classique sur la Querelle du Cid, et vice versa, et / ou se concentreront, dans une approche plus globale, sur des paradigmes permettant de rendre compte de la politique culturelle autour de laquelle la Querelle du Cid s’organise.

 

RESPONSABLE : Jörn Steigerwald, Hendrik Schlieper, Fabienne Detoc, Universität Paderborn, Vergleichende Literatur- und Kulturwissenschaft, Warburger Straße 100, 33098 Paderborn, Allemagne

 

Contact: joern.steigerwald@upb.de


Richard Goodkin présentera son livre Les magnifiques mensonges de Madeleine Béjart (La feuille de Thé, 2013)

-le dimanche 25 mai à 18heures au théâtre de l'épée de bois (Cartoucherie de Vincennes): présentation de la maison d'édition avec un focus spécial sur Charles Gonzales, auteur et acteur et Richard Goodkin. L'entrée est libre.

- le lundi 2 juin à 20h30 à la Vieille Grille, rue du Puits de l'ermite (juste derrière la grande mosquée de Paris), Richard évoquera très largement Madeleine Béjart et des passages de son livre seront lus par Olivier Foubert, comédien. Il sera demandé une participation de 15 euros pour couvrir les frais du théâtre. La soirée sera suivie d'un buffet.
 
Un aperçu de cet ouvrage:
 

Les tendres et ingénieux mensonges de Richard Goodkin

 

« Où l’on voit Pierre et Thomas Corneille écroulés de rire aux pieds de Madeleine Béjart débutante, avant que d’autres sentiments n’apparaissent… mais chut ! »

 

Entreprendre sur l’Histoire, dans ses blancs et lacunes, c’est le privilège bien connu du roman historique. Richard Goodkin en jouit avec gourmandise, tout en faisant pour son lecteur, dans l’épilogue, le départ soigneux entre le peu que nous savons de Madeleine Béjart et ce que lui a suggéré sa verve inventive.

Avec une réjouissante malice et un ingénieux brio, l’auteur joue, cum grano salis, de toutes les conventions du roman historique à la Dumas et de tous les ingrédients du romanesque : pastiches, titres-programmes des chapitres à la manière des feuilletons, croix-de-ma-mère, enfants supposés, enlèvement et sauvetage, héroïsme chevaleresque et panache d’autant plus beau qu’il est inutile.

L’intrigue repose sur l’ignorance dans laquelle nous sommes  (et resterons sans doute) de la date exacte de la naissance d’Armande Béjart, et de sa véritable filiation. Son contrat de mariage avec Molière mentionne en effet que la mariée est « âgée de vingt ans ou environ ». Son père, Joseph Béjart, serait donc mort avant sa naissance et sa mère, Marie Hervé, aurait accouché à quarante-neuf ans. A partir de là, les hypothèses sont allées bon train dès l’époque de Molière ; Richard Goodkin leur ajoute la sienne, plus poétique et tout bien considéré pas beaucoup moins vraisemblable. Selon la formule convenue, il ne saurait être question d’en dire plus, mais les deux dramaturges rouennais jouent dans le roman un rôle bien inattendu, et savoureux. Mais ces jeux d’allusions culturelles, s’ils constituaient le seul intérêt du récit de Richard Goodkin, ne feraient de celui-ci qu’un malicieux divertissement à l’usage des amateurs un peu érudits du XVIIe siècle.

Le roman a de plus hautes ambitions, et intéresse son lecteur à quelque chose de plus piquant et de plus profond, que son titre annonce et qui nervure son personnage principal. Histoire d’une vie, le roman est l’histoire de la découverte progressive par Madeleine d’un art de mentir qui s’avère le plus pur  des arts d’aimer. Art des « agréables mensonges », la littérature - tout spécialement ici le théâtre dans le roman, mais aussi la fiction romanesque elle-même, mise à distance par l’exhibition amusée de sa convention, nous invitent à une réflexion sur les liens du mensonge et de l’amour, depuis l’intronisation précoce de Madeleine dans la « guilde des menteuses » jusqu’au bilan d’une vie, « où aimer est inséparable de mentir » (p. 469).

On adhère donc plus ou moins aux péripéties imaginées par Richard Goodkin pour tracer la vie aventureuse et compliquée de la belle Madeleine, ou aux clins d’œil qu’il adresse à ses lecteurs. Mais le personnage qu’il campe, cette beauté rousse déterminée, aimante, généreuse jusqu’au sacrifice, emporte tout à fait la conviction.

Myriam Dufour-Maître

Richard Goodkin, Les magnifiques mensonges de Madeleine Béjart, Mayenne, La Feuille de thé, 2013, 486 p., 29 € . ISBN 978-2-9542668-2-4.

 

 


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